L'extrême droite en Grèce

Extrême droite au pouvoir: non
Au pouvoir: non
Extrême droite représentée au Parlement national: oui
Au Parlement national: oui
Extrême droite représentée au Parlement européen: oui
Au Parlement européen: oui

Les Spartiates

  • Score aux dernières législatives: 4,68%
  • Au pouvoir: non
  • Représenté au Parlement national: oui
  • Représenté au Parlement européen: non

EL | Solution grecque

  • Score aux dernières législatives: 4,44%
  • Au pouvoir: non
  • Représenté au Parlement national: oui
  • Représenté au Parlement européen: oui

NIKI | Mouvement démocratique patriotique "Victoire"

  • Score aux dernières législatives: 3,69%
  • Au pouvoir: non
  • Représenté au Parlement national: oui
  • Représenté au Parlement européen: non

Dernières élections législatives: juin 2023
Prochaines élections législatives: juin 2027

La consolidation de l’extrême droite dans le paysage politique grec remonte aux années 2000, avec l’élargissement de l’Europe et l’augmentation de l’arrivée de migrants dont la plupart accoste sur les côtes grecques. L’extrême droite grecque s’inscrit dans un registre ultranationaliste et xénophobe, puisant soit dans un héritage se référant à l’Antiquité, comme Aube Dorée, soit dans les dictatures militaires grecques du 20e siècle.

Né en 1985, le mouvement populaire Aube Dorée reste un groupuscule jusqu’en 2009. Ses membres prennent part à des manifestations nationalistes défendant « l’hellénisme ». Mais depuis la crise financière, la mise sous tutelle du pays par la Troïka1 et l’afflux de migrants sur le sol européen, le parti consolide sa base et augmente son score électoral, axant son programme contre l’immigration, l’insécurité urbaine et la pauvreté, sur fond de discours xénophobes, négationnistes et antisémites. Cette présence sur les bancs du Parlement a libéré la parole raciste et ces succès électoraux ont donné aux sympathisants un sentiment de puissance.

Durant cette période, les attaques contre des immigrés, des militants de gauche et des centres sociaux se sont multipliées. Deux personnes ont été assassinées en 2013: Shahzad Luqman, travailleur immigré pakistanais de 27 ans, et Pávlos Fýssas, rappeur antifasciste de 34 ans. Le parti Aube Doré se distingue en effet par deux pratiques : d’une part des actes de violence à l’encontre des immigrés et des homosexuels, et d’autre part des initiatives sociales bénéficiant uniquement aux personnes « de sang grec ».

Après plusieurs années de présence du parti néonazi sur les bancs de l’hémicycle, Aube Dorée perd les législatives de 2019 avec un score de 2,93% qui l’empêche de décrocher un siège au Parlement.

En 2020, le parti Aube dorée est finalement dissout, jugé comme parti néonazi et organisation criminelle.

Pour autant, la Grèce n’en a pas fini avec l’extrême droite. Le remaniement ministériel de janvier 2021 a inquiété les observateurs, tant le Premier ministre a élargi l’aile très radicale de son parti Nouvelle démocratie au sein de son gouvernement. Ainsi, plusieurs ministres actuels ont longtemps navigué dans les mouvements ou partis d’extrême droite.

La chute d’Aube Dorée a laissé un espace au Parlement, comblé par le parti Solution grecque, parti nationaliste créé en 2016 dont les thématiques sont essentiellement le rejet des médias, la lutte contre l’immigration, l’identité et les racines grecque.

Ce 25 juin 2023, au 2e tour des législatives, la Nouvelle Démocratie (droite conservatrice, membre du PPE) a récolté  40,56% des suffrages. Elle décroche ainsi la majorité absolue, sans devoir nécessairement nouer d’alliance avec un autre parti, malgré la chute du pays dans les classements sur la liberté de la presse et le scandale de la mise sur écoute de journalistes et de politiciens d’opposition sur ordre du gouvernement.

Notons que dix jours après le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Grèce, faisant des centaines de morts, trois petits partis d’extrême droite ont fait leur entrée au parlement et ont récolté ensemble près de 13% des suffrages. Solution grecque a amélioré son score par rapport à 2019 avec 4,44%, obtenant 12 sièges.

Deux autres nouveaux partis d’extrême-droite récemment créés ont aussi obtenu des sièges :

  • le parti des Spartiates a obtenu 4,68% des voix. Ce parti est soutenu par un ancien haut responsable du parti néo-nazi Aube dorée, Ilias Kassidiaris, qui purge actuellement une lourde peine de prison.
  • le parti Niki, ou « Victoire » (3,69% des voix, 10 députés) promeut une idéologie nationaliste et fondamentaliste chrétienne, résumée par le slogan « Foi, Nation, Famille ».

 


1 La troïka désigne alors les experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, chargés d’auditer la situation économique grecque et notamment l’état de ses finances publiques dans le cadre de l’accord de refinancement de la Grèce.

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