L'extrême droite en Hongrie



Au pouvoir: non

Au Parlement national: oui

Au Parlement européen: oui
FIDESZ
- Score aux dernières législatives: 38,4%
- Au pouvoir: non
- Représenté au Parlement national: oui
- Score aux dernières européennes (avec le KDNP): 44,82%
- Représenté au Parlement européen: oui (11 sièges)
- Groupe au Parlement européen: Les Patriotes pour l’Europe (PE)
MHM | Mouvement "Notre patrie"
- Score aux dernières législatives: 5,8%
- Au pouvoir: non
- Représenté au Parlement national: oui
- Score aux dernières européennes: 6,71%
- Représenté au Parlement européen: oui (1 siège)
- Groupe au Parlement européen: L’Europe des Nations Souveraines (ENS)
Dernières élections législatives: avril 2026
Prochaines élections législatives: avril 2030
Le parti d’extrême-droite Fidesz a perdu les élections législatives du 12 avril 2026, après seize ans de pouvoir.
Au pouvoir entre 2010 et 2026, le Premier ministre Viktor Orban avait progressivement mis en place un régime autoritaire et nationaliste. Les élections n’étaient pas été entièrement libres ni équitables, du fait du quasi-monopole des médias public et privés contrôlés par le gouvernement, et de leur propagande écrasante en faveur de la Fidesz.
La Fidesz était à l’origine parti libéral-conservateur poursuivant l’intégration de la Hongrie dans les structures européennes et atlantiques dans les années 1990, mais a muté vers l’extrême droite depuis son retour au pouvoir en 2010.
Le Premier ministre, Viktor Orban, est devenu une sorte de référence dans les milieux nationalistes européens. En seize ans au pouvoir, la Fidesz a eu l’occasion de transformer son discours en actes:
- opposition radicale à l’immigration: fermeture des frontières, internement des réfugiés dans des camps (condamnés par la justice de l’UE), discours xénophobes…
- mise en place d’un régime autoritaire, théorisé sous l’appellation de « démocratie illibérale », caractérisé par la soumission des pouvoirs législatif et judiciaire à l’exécutif, la prise de contrôle des médias public et privés et la marginalisation des derniers médias indépendants, des campagnes de harcèlement sur le modèle de la Russie de Poutine contre les ONG présentées comme « financées par l’étranger », l’expulsion de l’université centre-européenne (CEU)…
- adoption de lois et de mesures homophobes ;
- discours populiste, hostile à la démocratie libérale et à l’Union européenne, souvent teinté d’antisémitisme et de xénophobie; discours nationaliste et irrédentiste causant des controverses avec les pays voisins sur le territoire desquels réside une minorité hongroise (Roumanie, Ukraine, notamment)
- soutien aux partis d’extrême droite d’Europe et au mouvement réactionnaire anti-choix au niveau mondial
- enfin, Viktor Orban se présente ouvertement comme un allié et un ami du président russe Vladimir Poutine, qui a lancé une guerre d’agression contre l’Ukraine, pays voisin de la Hongrie, et dont l’armée commet de nombreuses atrocités contre les civils.
Le Jobbik a été créé dans les années 1990 comme un parti d’extrême droite radicale, néofasciste. Au cours des années 1990 et 2000, sa milice, la « Garde hongroise », défilait en scandant des slogans antisémites et racistes anti-Roms. Ce parti a ensuite opéré une évolution très importante au cours de la décennie 2010, à commencer par une opération de dédiabolisation en 2013. À partir de 2015-2016, il s’inscrit dans une opposition systématique à la Fidesz et a évolué vers le centre. À partir de 2024, il est grandement affaibli et quasiment inexistant aux élections de 2026. En 2018 une scission a lieu au sein du Jobbik : les éléments les plus extrémistes créent le mouvement Notre Patrie (Mi Hazánk Mozgalom, MHM). La Garde hongroise rejoint le MHM, qui remplace le Jobbik comme parti d’extrême-droite le plus radical, sur une ligne ultra-nationaliste et identitaire.
(Mise à jour: 13.04.2026)