L'extrême droite en Hongrie

Extrême droite au pouvoir: oui
Au pouvoir: oui
Extrême droite représentée au Parlement national: oui
Au Parlement national: oui
Extrême droite représentée au Parlement européen: oui
Au Parlement européen: oui

FIDESZ

  • Score aux dernières législatives: 53,29%
  • Au pouvoir: oui (dirige le gouvernement)
  • Représenté au Parlement national: oui
  • Représenté au Parlement européen: oui

MHM | Mouvement "Notre patrie"

  • Score aux dernières législatives: 6,15%
  • Au pouvoir: non
  • Représenté au Parlement national: oui
  • Représenté au Parlement européen: non

Dernières élections législatives: avril 2022
Prochaines élections législatives: avril 2026

Aux élections législatives du 3 avril 2022, la Fidesz a renforcé sa majorité en obtenant 53,29% des voix (4 points de plus qu’en 2018), et la majorité des 2/3 qui lui permet de modifier la Constitution. Au pouvoir depuis 2010, le Premier ministre Viktor Orban a progressivement mis en place un régime autoritaire et nationaliste. Les élections n’ont pas été entièrement libres ni équitables, du fait du quasi-monopole des médias public et privés contrôlés par le gouvernement, et de leur propagande écrasante en faveur de la Fidesz.

La Fidesz était à l’origine parti libéral-conservateur poursuivant l’intégration de la Hongrie dans les structures européennes et atlantiques dans les années 1990, mais a muté vers l’extrême droite depuis son retour au pouvoir en 2010.

Le Premier ministre, Viktor Orban, est devenu une sorte de référence dans les milieux nationalistes européens. En douze ans au pouvoir, la Fidesz a eu l’occasion de transformer son discours en actes:

  • opposition radicale à l’immigration: fermeture des frontières, internement des réfugiés dans des camps (condamnés par la justice de l’UE), discours xénophobes…
  • mise en place d’un régime autoritaire, théorisé sous l’appellation de « démocratie illibérale », caractérisé par la soumission des pouvoirs législatif et judiciaire à l’exécutif, la prise de contrôle des médias public et privés et la marginalisation des derniers médias indépendants, des campagnes de harcèlement sur le modèle de la Russie de Poutine contre les ONG présentées comme « financées par l’étranger », l’expulsion de l’université centre-européenne (CEU)…
  • discours populiste, hostile à la démocratie libérale et à l’Union européenne, souvent teinté d’antisémitisme et de xénophobie; discours nationaliste et irrédentiste causant des controverses avec les pays voisins sur le territoire desquels réside une minorité hongroise (Roumanie, Ukraine, notamment)
  • soutien aux partis d’extrême droite d’Europe et au mouvement réactionnaire anti-choix au niveau mondial
  • enfin, Viktor Orban se présente ouvertement comme un allié et un ami du président russe Vladimir Poutine, qui a lancé une guerre d’agression contre l’Ukraine, pays voisin de la Hongrie, et dont l’armée commet de nombreuses atrocités contre les civils.

L’opposition avait réussi à gagner la mairie de Budapest en octobre 2019, malgré des lois électorales défavorables. Son union dans une grande coalition inédite n’a pas empêché sa déroute.

Le Jobbik a été créé dans les années 1990 comme un parti d’extrême droite radicale, néofasciste. Au cours des années 1990 et 2000, sa milice, la « Garde hongroise », défilait en scandant des slogans antisémites et racistes anti-Roms. Ce parti a ensuite opéré une évolution très importante au cours de la décennie 2010, à commencer par une opération de dédiabolisation en 2013. À partir de 2015-2016, il s’inscrit dans une opposition systématique à la Fidesz. Il s’est joint à la coalition d’opposition allant de la gauche au centre-droit, et ne peut plus dorénavant être considéré comme d’extrême-droite.

À mesure que cette dernière se radicalise, le Jobbik évolue vers le centre, au point qu’en 2018 a lieu une scission au sein du parti, qui voit le départ des éléments les plus extrémistes qui créent le mouvement Notre Patrie (MHM). La Garde hongroise rejoint le MHM.

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